jeudi 4 février 2016

Souvenirs d’allaitement...

Première tétée...

Petit Bourdon arrive bientôt et mes accouchements passés me reviennent en mémoire...
Je repense plus particulièrement aux premières tétées de mes enfants et ô combien elles étaient différentes l’une de l’autre.
J’ai allaité chacun de mes deux enfants pendant 1 an, pour moi c’était un acte naturel car tous les nouveaux-nés de ma famille avaient été allaités et j’avoue ne m’être jamais posée de question à ce sujet, j’avais observé mes cousins, mes frères, j’avais assimilé tout simplement, comme ça...
Mais une fois à la maternité, j’ai trouvé l’accompagnement parfois agressif et souvent ignorant; tout particulièrement quand, par deux fois, sans m’avertir ni me demander la permission, une aide-soignante s’est permis de saisir mon téton (dont une alors que j’étais encore en salle de naissance) pour me le triturer sans douceur comme on triture le pis d’une vache pour en extraire son bon lait chaud. Non, je vous le confirme cela n’est pas un acte normal...
Par contre ce qui est normal et même primordial c’est le premier peau à peau, celui qui a lieu entre mère et enfant dès la sortie du ventre, non seulement permet-il de faire redescendre le stress de l’accouchement mais il facilite les premiers échanges qui favorisent la tétée. 
Dès la première heure de sa vie un enfant sait soulever la tête, la tourner, “monter” jusqu’au sein pour attraper le mamelon avec ses lèvres; personne n’a besoin de lui “forcer” le chemin, il le trouve très bien lui même. 
Si beaucoup de bébés sont alors capables de se débrouiller seuls, de décider eux-mêmes du moment où ils vont téter, d’autres mettent plus de temps à “démarrer”, il ne faut  surtout pas s’inquiéter c’est tout à fait normal. C’est souvent dans ce cas de figure que l’accompagnement en maternité n’est pas qualifié et qu’il faut alors faire preuve d’une forte détermination. 
Dans les deux cas le peau à peau est important et il est nécessaire de le prolonger au maximum, jour comme nuit, car ce nouveau-né posé sur le ventre contre le sein de sa mère se sent stimulé, encouragé, rassuré, apaisé. Il perçoit l’odeur des mamelons, une odeur proche du liquide amniotique sécrétée par les glandes du contour de l’aréole (c’est fou ce que la nature fait bien les choses!) et son intérêt se manifeste plus rapidement. Cela a été le cas pour mon fils. 

Pour faciliter l’allaitement j’ai choisi de pratiquer le sommeil partagé dès mon premier enfant. 
Pour cela, dès le début j’ai snobé cet horrible berceau en plexiglas transparent, “attention il est interdit de dormir avec votre bébé”, m’a-t’on dit, “vous pouvez le faire tomber”... 
Je ne m’étalerai pas sur ce sujet qui mérite bien un article à part entière mais croyez-moi, à moins d’être alcoolisée, droguée, de dormir dans une chambre peu aérée ou enfumée par l’odeur du tabac et d’être enfouie sous une literie étouffante, vous ne risquez pas de tuer votre enfant en dormant avec lui. 
Dormir avec son bébé est la norme dans presque toutes les cultures et ce depuis la nuit des temps! 
Ainsi, mes deux enfants ont donc dormi sur moi, puis à côté de moi et ce pendant plusieurs mois. 
Grâce au cododo la période d’allaitement n’en a été que plus confortable, que ce soit pour moi (pas besoin de se lever en pleine nuit, retour au sommeil plus rapide) comme pour mes enfants (peu de coliques en dormant ventre contre ventre et en position surélevée; la peau, l’odeur de maman, la possibilité de téter sans attendre...); James Mc Kenna, spécialiste du sommeil partagé, parle d’ailleurs de “breastsleeping” dans son ouvrage: Dormir avec son bébé: un guide sur le sommeil partagé : “There is no such thing as infant sleep, there is no such thing as breastfeeding, there is only breastsleeping”

Sommeil partagé...
Je reviens sur le fait que pour certains, comme pour ma fille, les débuts d’allaitement ne coulent pas de source et leurs premières tétées se font attendre.
Ces petits êtres nouveaux en phase d’éveil pendant les premières heures suivant leur sortie, passent ensuite 24 heures à récupérer. L’effort immense qu’ils viennent de fournir les a épuisé!
Mon premier accouchement, tenez-vous bien, a duré 36 heures! 
Ma fille (comme moi) était éreintée. Il faut dire que sa venue au monde ne s’est pas vraiment passée dans un cadre bienveillant et rassurant, tout le processus a même été assez violent. 
Aussi, peu après sa sortie, elle s’est tout simplement endormie et comme son sommeil durait (elle a dormi une bonne vingtaine d’heures) chacun à son tour est venu me harceler afin que je la réveille et que je la nourrisse, puis on a voulu me forcer à lui donner un biberon. Malgré la fatigue j’ai résisté, elle allait bien, je le sentais, elle dormait paisiblement sur ma peau, elle n’avait pas faim, elle voulait seulement dormir et purger ce qu’elle avait ingurgité avant et pendant sa sortie. 
Si elle ne pesait que 2,7 kilos à sa naissance (quelle petite crevette...), après ce grand sommeil elle n’en pesait plus que 2,4 et il faut savoir qu’il existe en maternité un syndrome très grave, celui de l’obsession de la balance: un nouveau-né doit grossir absolument pour vite entrer dans la fameuse norme, sinon ça ne va pas! On ignore alors totalement l’état général de l’enfant pour ne se concentrer que sur un chiffre...
La cerise sur le gâteau? J’ai vu débouler la psychologue du service dans ma chambre à qui on avait gentiment soufflé que je refusais de nourrir mon enfant alors que je refusais juste de la réveiller pour la forcer à manger alors qu’elle n’en éprouvait pas le besoin.
C’est donc en colère que j’ai signé une décharge et suis immédiatement rentrée chez moi pour être enfin au calme avec mon enfant, dans un cadre accueillant. 
Bien entendu, entre temps cette Petite Fleur s’était réveillée, les yeux plein de curiosité et tout naturellement l’air de rien elle s’était mise à téter... cela a duré un an. 
C’est 7 ans plus tard en lisant un article sur l’allaitement que je suis tombée sur cette phrase qui me rend fière d’avoir respecté les besoins de ma fille et de ne pas avoir cédé aux pressions incessantes: “Quand au nourrisson, si il est à terme et en parfaite santé, il peut tenir 24H sans manger.”

L’allaitement a enfin débuté, il faut alors faire fi des grilles horaires de prises de repas que certaines maternités vous glissent tout sourire entre les mains et comprendre que oui l’allaitement c’est à la demande et oui au début c’est intensif.
On devient alors attentive à tous les petits gestes ou bruits du bébé ( il tire la langue, tord peu la tête, émet un bruit de succion, bouge les mains, tête ses doigts... et cela même si il à l’air de dormir! ) car si on attend qu’il pleure pour lui donner le sein, il s’énerve et a du mal à téter correctement. 

C’est pendant les 30 premiers jours que le co-dodo a été pour moi salvateur: quelque peu anéantie que ce soit physiquement ou moralement après l’épreuve de la naissance de ma Petite Fleur, j’ai pu rester confortablement installée dans mon lit et allaiter facilement, même en dormant! Le barbu était alors aux petits soins pour ses deux naïades échouées...
Et puis une fois les deux premiers mois passés j’ai vite pris le rythme et au deuxième enfant j’étais devenue une baroudeuse de l’allaitement, la maitrise totale en toute situation! 
En deux années d’allaitement j’aurais allaité couchée, assise, au restaurant, en plein milieu d’Ikea, pendant un concert de musique classique, chez des amis ou même en marchant au milieu des dunes... et tout ça sans que personne ne remarque quoi que ce soit! 

Si vous vous posez des questions sur l’allaitement, que vous voulez en savoir plus je vous invite à consulter le site très complet de la Leche League France ici, vous y trouverez des dossiers sur l’allaitement, un soutien auprès des mamans et une kyrielle d’informations toutes plus intéressantes les unes que les autres.

Quant à moi j’attend de vivre ce nouvel allaitement avec une certaine impatience et je me demande quel début nous attendent Petit Bourdon et moi après ce premier peau à peau si magique... je t’attends mon petit homme...



4 commentaires:

  1. Ces moments sont les plus doux, les plus attendrissants du monde...Le contact avec ce petit être, son bébé, que l'on attend patiemment, c'est littéralement magique! Je n'ose imaginer ton enthousiasme et ton bonheur fou de le voir, de le serrer tout contre toi; de le sentir, de le respirer...C'est pour bientôt!!!:)

    RépondreSupprimer
  2. bonjour,

    tout ce que tu dis dans ton post est tellement vrai, notamment sur le harcèlement que nous pouvons vivre à la maternité. je vais moi-aussi accoucher de ma deuxième princesse et je me suis jurée de ne plus subir les conseils plus ou moins farfelus (pesée du bébé avant et après chaque tété!) du personnel hospîtalier. je nous souhaite un bel accouchement et un merveilleux allaitement à toutes les 2.

    RépondreSupprimer
  3. C'est tellement vrai ça, que certains mettent du temps pour la première tétée. J'ai raté l'allaitement de ma première à cause de ça, la maternité était sous-formée sur le sujet et ils voulaient lui faire avaler un steak-frites à peine née.
    Ma seconde a mis 48h à téter, le petit dernier 12h. Faut les laisser atterrir !

    RépondreSupprimer
  4. Oui Vic c’est vrai ces premières rencontres sont inoubliables...
    Merci Poirple pour tes voeux, je te souhaite à mon tour un accouchement heureux et un bel allaitement.
    Ne t’en fais pas après l’expérience du premier accouchement j’étais fin prête à défendre mon point de vue et je suis passée outre les réflexions, j’ai à nouveau effectué une sortie précoce, d’ailleurs de plus en plus de services proposent cette option avec si on le désire un suivi sage-femme à domicile.
    Maintenant, j’avertis par avance en expliquant que nous sommes une famille à fonctionnement particulier et que si après l’accouchement mère et enfant sont en bonne santé alors je rentre tout simplement à la maison pour m’occuper de mes enfants instruits en famille, pour pratiquer à mon aise le peau à peau (que certaines maternité proposent aussi, comme la clinique Jules Verne à Nantes), allaiter confortablement et utiliser des couches lavables! :-)
    Un steak frites en poudre Add Fun, glups... :-( c’est vraiment charmant.
    Il faut savoir se battre pour ses opinions de nos jours et après un accouchement ce n’est pas chose facile.
    Il existe heureusement des expériences heureuses en maternité, mais la France a un sacré train de retard sur le sujet.

    RépondreSupprimer

Laissez nous un commentaire, il est toujours plaisant de vous lire!