lundi 8 juin 2015

Poésies et Récitation

Si comme nous vous voulez chanter les Poèmes de Robert Desnos sur des airs que vous avez inventés



Robert Desnos

Parlons aujourd’hui d’un autre poète de mon enfance: le poète surréaliste Robert Desnos, dit mort du typhus alors qu’il allait être évacué du camp de concentration de Theresienstadt en Tchécoslovaquie, un mois après sa libération par les Russes.
Enfant, Robert n’aime pas l’école, comme beaucoup d’entre vous il s’y embête, mais il adore la littérature et la culture populaire.
De 1922 à 1930, il rejoint le mouvement surréaliste aux côtés d’André Breton, dont il finit par se séparer pour des raisons politiques.
Grand amateur de musique il se met à écrire pour sa femme des poèmes aux allures de chanson et en 1933 remporte un vif succès auprès des auditeurs de Radio Paris en écrivant la Complainte de Fantômas (Découvrez 13 couplets chantés en 1961 par Catherine Sauvage en cliquant sur le titre et cliquez ici pour lire le texte intégral).
Ce texte va lui ouvrir la voie, il travaille alors pour la radio pendant quelques années, créant toutes sortes d’émissions (littéraire, divertissement, information…).
Fermement opposé au nazisme il ne cache pas son combat et écrit : “ J’ai décidé de retirer de la guerre tout le bonheur qu’elle peut me donner: la preuve de la santé, de la jeunesse et l’inestimable satisfaction d’emmerder Hitler.”
En 1942 il devient un membre actif du réseau AGIR, créé par le Lieutenant-Colonel Michel Hollard en 1941 et qui oeuvre pour le compte du MI6 en rassemblant des informations cruciales sur les opérations allemandes.
Le 22 février 1944, le poète est arrêté par la Gestapo. Malgré son énergie, son désir de vivre il ne survit pas à son séjour en camp de concentration.
Pour l’honorer Paul Éluard écrit ces mots: “Jusqu’à la mort, Desnos a lutté. Tout au long de ses poèmes l’idée de liberté court comme un feu terrible, le mot de liberté claque comme un drapeau parmi les images les plus neuves, les plus violentes aussi. La poésie de Desnos, c’est la poésie du courage. Il a toutes les audaces possibles de pensée et d’expression. Il va vers l’amour, vers la vie, vers la mort sans jamais douter. Il parle, il chante très haut, sans embarras. Il est le fils prodigue d’un peuple soumis à la prudence, à l’économie, à la patience, mais qui a quand même toujours étonné le monde par ses colères brusques, sa volonté d’affranchissement et ses envolées imprévues.”

Célébrons aujourd’hui notre précieuse liberté, résultat de nombreux et courageux combats, en chantant sur l’air qu’il vous plaira et en mettant en scène avec vos enfants quelques uns des poèmes entrainants de Robert Desnos extraits de Chantefables et Chantefleurs, un recueil que malheureusement il ne vit jamais et par lequel il souhaitait apporter aux enfants vivant ce temps de guerre maussade et privatif, un peu de soleil et de joie de vivre..


  • LA SAUTERELLE
Saute, saute, sauterelle,
Car c’est aujourd’hui jeudi.
Je sauterai, nous dit-elle,
Du lundi au samedi.

Saute, saute, sauterelle,
À travers tout le quartier.
Sautez donc, Mademoiselle,
Puisque c’est votre métier.


  • L’ANGÉLIQUE
Ravissante angélique
La mésange a chanté,
Disant dans sa musique
La douceur de l’été.
Angélique du soir, 
Mésange des beaux jours,
Angélique d’espoir,
Angélique d’amour.

  • LA CHAUVE-SOURIS
À mi-carême, en carnaval,
On met un masque de velours.

Où va le masque après le bal?
Il vole à la tombée du jour.

Oiseau de poils, oiseau sans plumes,
Il sort, quand l’étoile s’allume,
De son repaire de décombres.
Chauve-souris, masque de l’ombre.

  • LA BELLE-DE-NUIT
Quand je m’endors et quand je rêve
La belle-de-nuit se relève.
Elle entre dans la maison 
En escaladant le balcon,
Un rayon de lune la suit,
Belle-de-nuit, fleur de minuit.






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